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Unité d'anthropologie

Unité d'anthropologie | Université de Genève

Fonction des productions céramiques et économie en Afrique de l’Ouest (2015-15)

Description du projet

Les archéologues s’interrogent depuis longtemps sur la fonction des céramiques, cherchant par ce biais à reconstruire les pratiques alimentaires, techniques, médicinales, voire rituelles des populations du passé. Si la caractérisation des divers indices de l’usage des poteries s’est considérablement affinée ces deux dernières décennies, leur interprétation reste souvent problématique. Les référentiels ethnographiques ciblés sur cette thématique s’avèrent peu nombreux. Ils sont, de surcroît, souvent cantonnés à une seule classe fonctionnelle de poteries (pots à cuire, vases à bière, etc.) d'une communauté spécifique (les Kalinga, les Gamo, etc.).

Notre étude vise à pallier ce manque de modèles interprétatifs sur les usages de la poterie. Pour ce faire, nous avons mis au point une méthode d’enregistrement des critères fonctionnels les plus diagnostiques incluant morphométrie (forme, dimensions, volume) et traces d'utilisation (usures et résidus) des céramiques. Le protocole d'étude a été testé sur une collection de céramiques ethnographiques maliennes usagées et bien documentées, répartie entre l'Université de Genève et le Musée national de Bamako. Cette collection, rassemblée et documentée en 1995 par une équipe de l’université de Genève au sein de plusieurs traditions différentes, couvre tout l'éventail des fonctions connues dans cette région. La méthode a par la suite servi à documenter l'usage des poteries du pays bédik, au Sénégal oriental, lors d’une enquête de terrain conduite en février 2016. Cette enquête a porté sur l'ensemble des fonctions encore représentées dans les services actuels, et a permis de ramener quelques céramiques usagées de fonctionnement et de contenus connus, destinées à des analyses chimiques et phytolithiques « à l’aveugle » en vue d’établir de nouvelles voies de recherche.

Un autre volet de ce projet s’intéresse à la fonction des tessons de céramique modifiés, présents sur de nombreux sites archéologiques mais rarement étudiés. De fait, très rares sont les collections de tels artefacts qui ont fait l’objet d’une analyse tracéologique fondée sur l’expérimentation. Cette démarche constitue pourtant un outil efficace pour, d’une part, distinguer les traces de mise en forme des stigmates d’utilisation et, d’autre part, pour inférer la nature des matières travaillées et les gestes des utilisateurs. Le site d’habitat de Sadia (Pays dogon, Mali), daté entre le 8ème et le 13ème siècle AD, a livré un important corpus de tessons qui présentent des retouches, des abrasions et des résidus. L’analyse de ces objets recyclés par comparaison avec un référentiel expérimental a conduit à l’individualisation de plusieurs catégories fonctionnelles distinctes, dont le raclage et le concassage de matière minérale colorante et l’utilisation probable de certains fragments comme outils de fabrication des poteries.

Les résultats de cette recherche, par le biais de la construction de référentiels interprétatifs adaptés aux questionnements archéologiques, doivent contribuer à une meilleure compréhension de l'usage des poteries dans les sociétés anciennes.

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Projet de recherche financé par le Programme « Germaine de Staël » (fond 2015-15, Requérant Dr Anne Mayor)

Collaborateurs internes

Collaborateurs externes

  • Vieugué Julien (CNRS, Paris Ouest Nanterre la Défense)
Université de Genève
Dépt. de Génétique & Evolution
Unité d'anthropologie
Quai Ernest-Ansermet 30
1205 Genève
Suisse
Tél. +41 22 379 69 67
Fax. +41 22 379 31 94