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Unité d'anthropologie

Unité d'anthropologie | Université de Genève

Fondation Suisse-Liechtenstein pour les recherches archéologiques à l’étranger

Etude du peuplement humain et de ses relations avec les variations climatiques et environnementales en Afrique occidentale.

En 1996, la découverte du gisement d’Ounjougou (Pays dogon, Mali), qui comprend plusieurs dizaines de sites archéologiques répartis dans une zone de plus de 10 km2, constitua un tournant dans les recherches de notre équipe. En effet, sa configuration géomorphologique particulière nous a permis d'étudier une séquence stratigraphique de plus de 16 m de puissance, qui a livré du matériel archéologique daté du Paléolithique ancien à l’époque actuelle. Associé à ces vestiges, des micro- et macrorestes végétaux ont été mis au jour : leur état de conservation, exceptionnel pour l'Afrique au sud du Sahara, est à signaler.

Suite à ces découvertes, le programme de recherche international et interdisciplinaire "Peuplement humain et paléoenvironnement en Afrique de l’Ouest" a été créé avec pour objectif général l’étude du peuplement présent et passé, ainsi que l’analyse des réponses apportées par ces populations aux variations climatiques et environnementales. Les résultats de nos travaux au Mali sont intégrés dans une problématique large de dynamique du peuplement humain à l'échelle de la bande soudano-sahélienne, tendant à identifier les relations entre le Pays dogon et les zones sahariennes au nord et forestières au sud, et de déterminer l’apparition et/ou la diffusion de certaines technologies. Afin d’atteindre ces objectifs, nous avons mis en place une équipe interdisciplinaire (archéologie, géomorphologie, sédimentologie, paléoclimatologie, botanique, ethnoarchéologie, ethnohistoire, linguistique, paléométallurgie et ethnologie), permettant d’entreprendre ces recherches en étroite synergie.

Ce programme de recherche, coordonné par le laboratoire APA, couvre l’ensemble du Pays dogon au Mali, et l’équipe compte actuellement 12 institutions et plus de 25 chercheurs étrangers associés provenant de plusieurs pays d’Europe et d’Afrique. Il a notamment permis d’obtenir des résultats importants dans le domaine de l’apparition des diverses composantes du Néolithique africain.

Les recherches se poursuivent en ce moment dans la plaine du Séno où un habitat, composé de cinq buttes anthropiques, dont la puissance stratigraphique dépasse parfois les cinq mètres et dont l'occupation s'étend entre le huitième et le treizième siècle de notre ère, est fouillé depuis janvier 2010.

Un aperçu détaillé des résultats obtenus entre 1997 et 2009 dans la région d'Ounjougou peut être consulté sur le site http://www.ounjougou.org.

Ethnoarchéologie de la céramique, de la métallurgie et des systèmes économiques

Par ethnoarchéologie, nous entendons la mise en évidence de liens réguliers entre les cultures matérielles des sociétés actuelles et leurs diverses significations, et la construction de référentiels. Par analogie, ces "régularités" permettent l'interprétation des vestiges découverts lors des fouilles archéologiques.

Cette démarche a été suivie depuis 1988 dans le cadre de l'étude des traditions céramiques actuelles du delta intérieur du Niger au Mali. Elle a permis l'interprétation technique, fonctionnelle et sociale des vestiges archéologiques découverts sur les fouilles d'Hamdallahi, capitale de l'empire peul du Massina au 19e siècle, site proche dans le temps et dans l'espace. A l’échelle de la boucle du Niger des deux derniers millénaires, ce référentiel s’est également révélé très efficace pour reconstituer l’histoire des techniques et des peuplements. A l’échelle continentale enfin, cette démarche a permis, par le biais de l’étude d’un outil de potier particulier, le percuteur d’argile, de mettre en évidence la diffusion du Soudan au Mali, d'une technique de façonnage des céramiques commune à la zone soudano-sahélienne, et ce dès l'âge du Fer.

D'autre part, l'ethnoarchéologie a aussi été utilisée dans le cadre d'une étude sur la métallurgie du fer chez les Dogon, et a permis d’observer, décrire et filmer l'exploitation d'une mine, la construction d'un four, la réduction du minerai et le forgeage du fer obtenu de manière traditionnelle. Cette étude a donné lieu à la réalisation d'un film documentaire scientifique, Inagina, l'ultime maison du fer, et nous a incité à poursuivre des recherches interdisciplinaires sur le peuplement des forgerons dogon, en mobilisant des données de l’archéologie, de l’histoire, de la linguistique, de l’archéobotanique et de la paléométallurgie. Actuellement, cet aspect est repris dans le programme de recherche évoqué dans le thème 1.

Enfin, l'analyse des modes de vie des populations vivant actuellement en Afrique a contribué à la redéfinition d'un concept de "Néolithique africain", mieux adapté à ce continent.

Partenaires scientifique

  • Département de géosciences, Université de Fribourg
  • Laboratory of Ion Beam Physics, ETH Zürich
  • Laboratoire d'Études Environnementales des Systèmes Anthropisés, Université d’Angers
  • Institut de Recherche sur les Archéomatériaux UMR-CNRS 5060, Université de Bordeaux 3
  • Laboratoire GEOPHEN, Géographie Physique et Environnement, Université de Caen
  • Laboratoire d'ethnologie & de Préhistoire, Université de Paris-X Nanterre
  • Laboratoire GéoSud, Université de Rouen
  • Rautenstrauch-Joest-Museum, Cologne
  • Institut für Archäobotanik Afrikas, J.-W. Goethe – Universität, Francfort
  • Département d’histoire et d’archéologie, Université de Bamako
  • Mission Culturelle de Bandiagara
  • Institut des sciences humaines, Bamako
  • Institut Fondamental d'Afrique Noire (IFAN), Dakar
  • Département d'Histoire, Université Cheikh Anta Diop, Dakar
Université de Genève
Dépt. de Génétique & Evolution
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